Conférence sur l’abrogation du service obligatoire

  • Date: Mercredi 8 mai 2013
  • Emplacement: Internef, Unil
  • Organisateur:
  • Limitation: Activité publique

Le 8 mai dernier, la jeune Société des officiers du campus universitaire de Lausanne a organisé sa première conférence-débat portant sur l’initiative du Groupe pour une Suisse sans armée « Oui à l’abrogation du service militaire obligatoire ». Toute d’abord, quelques mots rapidement sur notre nouvelle association. Fondée officiellement le 26 mars dernier, Of@campusLausanne a pour buts de favoriser, sur le campus de l’UNIL et de l’EPFL, une discussion et un débat sur différents sujets militaires et sociétaux et de faire connaître le monde de l’Armée suisse au public estudiantin. Dans un esprit de connaissance et d’apprentissage, elle est donc ouverte à tous les étudiants et collaborateurs du campus. Elle accepte aussi, en tant que membres passifs, les officiers ou anciens officiers de l’Armée suisse ayant étudié à l’UNIL ou l’EPFL.

Concernant ce débat, nous avons donc eu le plaisir d’accueillir, sur le campus de l’Université de Lausanne, Monsieur le Conseiller aux Etats Luc Recordon pour défendre le pro et Monsieur le Lieutenant-Colonel EMG Alexandre Vautravers, rédacteur en chef de la RMS, pour défendre le contra. Monsieur Gaëtan Vannay, responsable de la rubrique internationale à la Radio Télévision Suisse, nous a fait le privilège d’animer le débat.

S’adresser à un public d’étudiants a été le défi principal de nos intervenants. Devant un auditoire bien rempli, il s’agissait pour eux de trouver les arguments les plus adaptés à des jeunes gens curieux mais exigeants. Modéré par les interventions judicieuses et espiègles de Monsieur Vannay, le débat s’est articulé rapidement autour de deux pôles principaux. Premièrement, la situation géopolitique de la Suisse et le type de menace qu’elle encourait. Monsieur Recordon a jugé que la Suisse ne courrait plus le risque de connaître une guerre conventionnelle et que les menaces actuelles relevaient de la d’autres formes de guerres, de la cybercriminalité et des catastrophes naturelles. Les forces terrestres telles qu’elles existent aujourd’hui, avec une puissance de feu et une force humaine et mécanisée importante, n’auraient donc pas raison d’être. Le Lieutenant-Colonel EMG Vautravers a souligné quant à lui l’extrême instabilité géostratégique du monde actuel en affirmant qu’il y avait environ 70 guerres par année sur la surface du globe, et que la Suisse n’est pas immunisée contre des menaces conventionnelles, malgré sa neutralité, qui, le rappelle-t-il, n’est jamais acquise sans une armée pour la défendre.

Deuxièmement, les conséquences de l’acceptation de cette initiative ont occupé une grande partie du débat. Les deux débateurs n’ont toutefois pas argumenté au même niveau. Pour M. Recordon, la suppression de l’obligation de servir entraînerait la création d’une armée composée de miliciens volontaires. Cette armée comporterait ainsi environ 30’000 soldats, suffisant, dit-il, pour répondre aux menaces précédemment évoquées. Le Lieutenant-Colonel EMG Vautravers argumenta vivement contre cette idée de volontariat qui, selon lui, est simplement infaisable, comme l’a montré l’exemple allemand. L’issue serait donc une armée professionnelle, qui en plus d’être contraire aux volontés du peuple et des autorités de notre pays, dépasserait largement les budgets établis par la Confédération.

La conférence s’est terminée sur une série de questions du public auxquels les deux intervenants ont répondu avec justesse et conviction.

Ce débat a permis au public estudiantin d’assister à des prises de positions d’excellente tenue sur une question de premier plan, qui animera les joutes politiques au cours des prochains mois. Car, si la politique est certes un jeu de gladiateurs défendant leurs causes corps et âme, la question du service militaire obligatoire n’en reste pas moins un sujet d’une importance capitale, qui concerne chaque citoyen. La sécurité de notre pays ne doit pas être dépositaire des passions politiques. Et j’ai bien peur, qu’à force de jouer avec le feu, le GSsA finisse par se brûler les ailes, en entraînant le peuple suisse derrière lui…

Pour le comité d’Of@campusLausanne,

Lieutenant Romain Jaquier, Président ad intérim